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AU FIL DE LA PLUME
OÙ VAIS-JE ?
12.I.26
Il arrive souvent que le patient s'inquiète ou perde confiance. À quoi bon? Vers quoi allons-nous? Où allons-nous? "Ça sert à quoi, tout ça?" dirait un Maxime Le Forestier... Une analyse ne va pas sans lever des résistances, et rappelons-le encore cet avertissement de Freud, quand il dit que la plus grand résistance à la psychanalyse est la psychanalyse. Même si l'I.T.A. n'est pas une démarche de psychanalyse traditionnelle, nous n'en sommes pas moins soumis aux réalités du psychisme et aux influences de l'inconscient qui recèle toutes les forces occultes du refoulé.
On ne cherche pas à comprendre. On ne cherche pas à trouver. On ne cherche pas à la façon du détective, qui a une contrainte de résultat : trouver la solution à l'énigme. Trouver le coupable. On ne cherche pas à trouver, et c'est le meilleur moyen de trouver ce que l'on ne cherche pas, et qui est pourtant là, agissant dans l'ombre. On avance à tâtons, on procède par approximation, et l'on obtient, par des moyens qui semblent hasardeux mais ne le sont pas, une élucidation progressive des mystères de l'âme. Élucider : rendre claire, éclairer. Voici notre objectif, sur le chemin du mieux-être. Amener à la lumière les éléments nuisibles qui se tapisse dans l'ombre.
On ne trouve rien, parce qu'on ne cherche pas. Cette affirmation aux airs péremptoires sonne comme un message de désespoir, qui pourrait signifier une condamnation de l'analyse personnelle sur l'autel de l'efficacité. L'efficacité s'est imposée à l'humain depuis la nuit des temps comme un principe, et l'évolution de la pensée humain la conduit a être de plus en plus marchand. Tout s'achète, tout se vend. Même le bonheur, ou ses ersatz, qui veulent laisser croire que le bonheur est un produit, une marchandise. Ne peut-on être malheureux en croisière, sur une plage, dans un hôtel avec piscine à débordement? Dans un parcours d'analyse, on explore, on remue, on dérange l'ordre établi, qui souvent rime avec désordre, sans quoi pourquoi se lancerait-on dans l'expérience analytique? Et pourtant... est-ce à dire que nous n'obtenons rien? Au verbe "obtenir", je préfère suggérer l'emploi du verbe "atteindre". D'une certaine façon, je suis bien obligé de me contredire, car la contradiction est la part nécessaire de la vérité. Donc, nous cherchons. Nous cherchons à atteindre pour obtenir. Atteindre un état du meilleur équilibre, du meilleur apaisement, de la meilleure compréhension de soi possible, pour recevoir de la vie le meilleur plaisir possible. Cette quête est à la fois humble et ambitieuse. Dans un monde régit par la chaîne : j'ai mal à la tête / j'achète de l'aspirine / je n'ai plus mal à la tête ... c'est à dire celui de l'argent qui achète l'efficacité, l'analyse personnelle semble désuète. Elle est d'ailleurs critiquée pour son inefficacité, quand l'efficacité n'est pas son but. Son but, dit Freud, c'est le plaisir de vivre.
Pour autant, l'analyse a des effets. Des effets subtils, des effets que l'on met parfois du temps à observer, à reconnaître. On ne réforme pas un être en trois séances. Il faut du temps, du courage, de l'engagement. Qu'est-ce que le plaisir de vivre? Qu'est-il pour toi, pour moi, pour l'Autre? Où est la ligne d'équilibre? Où est le chemin? La capacité, la volonté de se poser ces questions font de ces questions elles-mêmes des éléments de réponse. LA réponse n'existe pas. La voyage analytique n'a pas de fin. La plupart des humains le font, naturellement. Dans l'échange analytique, nous essayons d'avancer mieux, d'aller plus loin, de devenir de plus en plus experts dans l'art de vivre. Dans l'art de vivre en équilibre.
à suivre...
( tous droits réservés © Olivier Deck)
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L'I.T.A. est fondée sur la métapsychologie freudienne. Elle est une méthode de psychanalyse appliquée, pensée pour le monde et l'individu actuels.
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