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PAR QUATRE CHEMINS

Le 12/01/2026

ALLONS-Y PAR QUATRE CHEMINS

181225

Il n'est pas rare qu'une séance commence par une phrase qui sonne comme une antienne : "Aujourd'hui je ne sais pas quoi dire." Cet aveu, un rien découragé, n'est cependant pas le moins du monde décourageant dans le cadre de l'analyse. 

En effet, une séance qui nous met devant une copie blanche conduit souvent à écrire les histoires perdues des recoins de la pensée, qui sont autant de reflets de forces plus profondes. L'inattendu nous attend. Quand on ne sait pas quoi dire, il suffit de respecter une règle de base : la libre association. Pour mener une analyse, il est important d'apprendre à apprécier les coqs et les ânes, et les sujets qui passent et rebondissent des uns aux autres. 

Or la raison est là, à la botte des résistances, qui cherchent toujours à remettre bon ordre dans ce capharnaüm. Et les interlocuteurs, les deux pôles de l'échange intersubjectif sont bien inspirés quand ils ne laissent pas les mots-bibelots bien rangés sur les étagères de la raison. Bien inspirés, oui! Oui, il s'agit d'inspiration! Oui, l'échange analytique intersubjectif est une création en duo !

Revenons à la règle de base de la psychanalyse qui demande au patient de se livrer à la "libre association", et à l'analyste d'accueillir la parole dans une "écoute flottante". Dans la pratique, ces deux formes sont difficiles à respecter pour le patient comme pour l'analyste, car dans le travail fondé sur l'échange, s'il y a toujours un analyste et un analysant, une part de ces rôles complémentaires s'intervertit à chaque instant. Chacun est le miroir de l'autre. 

Quel patient n'a jamais pensé à un certain trait psychologique de son analyste? Quel analyste n'a jamais perçu une piste nouvelle en lui, dans l'échange avec le patient? Or l'analyse, nous le savons, est la première résistance à l'analyse... 

À cette difficulté, que l'on s'efforcera de retourner pour la mettre à profit, il faut ajouter le flot ininterrompu des pensées, les unes cherchant à construire, les autres à distraire, d'autres encore en écran de fumée, d'autres encore vagabondes... qui compliquent le jeu en reflet de la parole et de l'écoute. 

Quand les pensées raisonnables et raisonnantes ont la priorité, que l'on pense en éléments qui s'agrègent avec une certaine logique, on offre aux résistances des conditions propices, on se fait même leur allié, à notre insu. On croit comprendre, on croit trouver, on croit avancer, et ces croyances dissimulent l'incompréhension, l'égarement, la régression. Alors quoi? On prend nos cliques et nos claques? Ce serait capituler devant les forces qui résistent et veulent empêcher aux éléments conflictuels l'accès à la lumière où elles se iront se diluer au fil du temps, comme la nuit se dilue en chaque aube nouvelle. 

Quand on se livre à l'analyse, il ne s'agit pas tant de descendre profondément en soi, comme le veut une idée reçue et trop peu débattue, que de favoriser au contraire les conditions de remontée à la lumière des éléments enfouis, à l'origine du déséquilibre, qui entravent la marche vers le plaisir de vivre. Attention, nous ne sommes pas naïfs, il s'agit du plaisir de vivre dans les conditions du réel, et non dans celles de l'illusion, entretenues par des idéaux inappropriés...

Efforçons-nous de nous laisser aller. De faire confiance à ce qui jaillit de nous, comme l'eau de la roche. Abandonner l'intention. L'intention de trouver. L'intention de comprendre. Il n'y a rien à trouver, il n'y a rien à comprendre, j'y reviendrai. Le but de l'analyse n'est pas là. Pour éviter le piège, il est indispensable de libérer l'esprit de la contrainte d'efficacité, de plus en plus aliénante dans la vie actuelle, pour le laisser aller à ses divagations, à ses rêveries. Quoi de plus difficile que de déconditionner la pensée que tout concourt à aliéner sur le chemin de l'éducation et des injonctions du monde moderne, empêtré dans la pensée marchande, elle-même propulsée par l'envie de "toujours plus", dont une étude plus approfondie pourrait bien nous mener à la force d'emprise et de destruction. Ça contre Ça, dirait le psychanalyste en jouant avec les mots. Destruction de qui? De soi, et par conséquent, de l'Autre, puisque sans soi-même, l'Autre n'existe plus.

Je parlais à l'instant de rêverie. La rêverie commence à ce moment où nous libérons la pensée de son licol, pour la laisser aller librement sur les prairies du songe. Écoutons Gaston Bachelard, lorsqu'il cite Frédéric Schlegel disant du langage qu'il est une "création d'un seul jet". La rêverie est l'espace d'un langage intérieur (ou extérieur, qui sait?), l'espace où la pensée divague librement et - c'est une conviction personnelle - fait ses plus belles trouvailles. Là où elle crée. Le lieu des eurékas ! 

Création, oui. Improvisation sur le thème de soi. Je songe au musicien qui improvise sur son clavier et se surprend lui-même de trouvailles, d'associations de notes inattendues, qui ne se contentent pas de résonner. Elles expriment les sentiments, les émotions, les états d'être, les mouvements d'énergie qui remuent au fond de l'âme et cherchent la lumière.

Alors, quand "on ne sait pas quoi dire" au début d'une séance, convoquons la rêverie et laissons-la nous emmener au long de ses errances. Sans souci de plaire ou de déplaire. Sans souci de "trouver". Elle nous conduit en des lieux que rien ne présageait. Osons nous hasarder. J'en reviens si souvent à Don Quichotte, qui pose les rênes sur le cou de Rossinante et le laisse aller à sa guise, confiant dans l'assurance qu'il en va de la sorte pour aller au-devant des aventures. De l'Aventure. L'Aventure vers soi, qui est une aventure de soi. Oui, lorsqu'on se prête à l'analyse personnelle, on s'aventure. 

Les effets d'une analyse bien menée sont subtils. On n'a rien "trouvé", on n'est même pas sûr d'avoir compris (on peut être sûr de n'avoir pas tout compris ) mais on a avancé dans la connaissance de la vie en soi, et cela porte à de nombreuses conséquences sur l'existence. On existe mieux, un peu mieux, beaucoup mieux, c'est selon. Et on ne le remarque que plus tard, dans les actes de vie. Tiens, ça a changé...

Ah, vous ne savez pas quoi dire, aujourd'hui? Peu importe, parlons de la vie ou du beau temps, du prix du gasoil ou du cours de la châtaigne... cela nous mènera quelque part. Et nous constaterons souvent que, la parole allant de-ci, de-là, une séance qui commence sans trop savoir quoi dire conduit le plus souvent à des révélations ... inédites.

à suivre...

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DE L'ART D'EXISTER

Le 18/12/2025

DE L'ART D'EXISTER

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Chaque être naît avec un patrimoine, conservé dans les cellules de son corps, qui donne à celui-ci plus ou moins de force, plus ou moins de résistance, plus ou moins de durabilité. Le destin de l'individu est lié à ce legs primitif. La réparation du corps, c'est l'affaire de la médecine. La santé mentale, c'est l'affaire de la médecine. Or je ne suis pas médecin. 

En conséquence, la responsabilité et le sérieux qu'implique l'accompagnement d'un travail sur soi impose la vigilance quant à la santé de mes interlocuteurs (puisque nous échangeons par la parole). 

Comme je n'ai aucune compétence à poser un diagnostic médical, conseiller à un patient d'aller consulter un médecin pour vérifier si son problème ne relève pas de la médecine est un acte responsable et fondamental. Il est nécessaire, au moindre doute, d'écarter l'éventualité d'une maladie. En retour, le soin médical trouve souvent un complément dans l'accompagnement analytique. Je pense à la dépression nerveuse, la récupération après un accident, la convalescence après une maladie... l'oeuvre du médecin est soutenue par celle de l'analyste.

Comme Freud l'explique dans son texte sur l'analyse profane, le médecin n'est pas davantage compétent dans le travail analytique, que l'analyste ne l'est pour soigner un problème médical. L'analyse requiert une formation spécifique, une sensibilité spécifique, une pensée spécifique, pratique spécifique basée sur une connaissance théorique qui ne repose pas sur la théorie médicale, les deux théories connaissant même des interférences. Le père de la psychanalyse lui-même fit le constat tardif qu'il n'était pas et n'avait probablement jamais vraiment été un médecin, et ajoute même que le médecin, par l'angle selon lequel il aborde le soin, par le domaine qui est le sien, par la pensée qui est la sienne, ne se trouve pas dans les dispositions propices pour mener un travail d'analyse. La conscience d'avoir un corps ne suffit pas à faire un médecin. La conscience d'avoir un inconscient ne suffit pas à faire un analyste (sans oublier que de l'inconscient, nous ne savons que ce que la conscience nous révèle, ceci présentant toujours le risque de parler d'une langue dans une autre langue...)

Le constat du père de la psychanalyse est d'autant plus valable aujourd'hui, quand la pensée marchande a envahi les esprits soignants et les a soumis à la funeste loi de l'efficacité, considérée comme un principe, qui sous-tend la chaîne : "Je souffre - j'achète un soin -, je le consomme, je ne souffre plus". En d'autres termes : "J'ai mal à la tête-je prends un aspirine - je n'ai plus mal à la tête." 

L'analyse n'est absolument pas soumise à ce principe. Elle requiert du temps, de la patience, de la capacité à s'aventurer dans l'inconnu. On ne diagnostique pas l'inconnu, on s'y aventure. L'entreprise est une vraie exploration. L'explorateur ne connaît pas le domaine qu'il explore. Il doit prendre le risque du temps.

Imaginons un instant que la psychée est une jungle. On s'y perd, on y fait des rencontres plus ou moins heureuses ou inquiétantes, on revient en arrière, on tente par ici, par là. Peu à peu, on acquiert la connaissance de l'inconnu qui devient connu, plus compréhensible, plus abordable. La résolution d'une difficulté commence par la bonne connaissance de ses origines. 

L'âme est une jungle.

Mais, sempiternelle interrogation, qu'est-ce que l'âme? Une divagation poético-philosophico fumeuse? D'aucuns le prétendent, confiants inconditionnels en la raison, insensibles à l'énergie subtile, fondamentale, surprenante de la Vie. Cette énergie qui non seulement précède la raison, mais de surcroit l'engendre. Alors, l'âme? C'est quoi? C'est où? C'est quand? C'est comment? 

Qu'en sais-je? Pas grand-chose... Ni la réflexion ni la lecture ne sauraient apporter des certitudes sur un tel incertain. J'en découvre les territoires nouveaux, les mouvements nouveaux, les légendes inédites à chaque analyse, avec chaque patient, à chaque rêverie dans l'éveil, et à chaque rêve dans le sommeil. 

L'âme est une métaphore. 

Un lieu de l'être (et non un lieu du corps) où se concentrent toutes les forces qui "animent" l'être. Elle est l'antre des émotions, des sentiments, des courants subtils, du souffle de la vie. François Cheng nous apprend qu'en Chine, elle est ce quelque part en l'être traversé par la force primordiale, où se rencontrent les énergies célestes et telluriques, pour donner la force de vie à l'être lui-même. 

Voici de quoi nous nous occupons, lors de nos séances de "conversation". Voici à quoi nous nous occupons. Sentir, comprendre dans ses forces et ses faiblesses l'énergie profonde et subtile de la vie de l'âme. Celle qui porte le bonheur et qui, entravée par les conflits occultes, l'empêche de s'installer. 

Alors, l'analyse est-elle un soin? Oui! Un soin non médical. Un soin de l'être. Un soin de l'âme. Un soin existentiel. Un accompagnement dans l'exploration, la compréhension et l'amélioration du vivre. Je me reprends aussitôt. Certes, l'analyse est un soin, mais l'analyste ne soigne pas. Il aide. Conduire une analyse, c'est dire au patient : "Soigne-toi toi-même. Je viens avec toi. Je t'aide." Cette aide s'appuie sur des moyens : la capacité d'écoute, la connaissance théorique, l'expérience pratique, l'intelligence de l'humain. Et le véritable analyste, lors d'une analyse, est le patient lui-même. En lui, en elle, analysant et analysé se confondent. Le dit analyste - je n'aime pas tellement ce mot, trop pompeux, j'en trouverai un autre - se consacre à assurer un accompagnement. Comme si, dans la nuit, dans l'inconnu, il tenait à bout de bras une lampe, pour éclairer le chemin que devine et choisit le patient. "Allons par ici, allons plutôt par là..."

Le but d'une I.T.A. n'est d'autre que le "savoir être". Améliorer du mieux possible les capacités à (re)trouver un équilibre dynamique qui porte en avant. À aider l'Autre à se perfectionner dans son "art d'exister". 

L'art de vivre concerne les actions, les choix, disons le style. L'art d'exister se joue à l'intérieur, dans cette obscurité de l'être où nous nous aventurons, une chandelle à la main, pour mieux se comprendre, mieux se connaître. Dans le but de vivre du mieux possible.

à suivre...

tous droits réservés © Olivier Deck

CONNAISSANCE, CO-NAISSANCE

Le 01/12/2025

"L'essentiel est que l'analyste, s'il doit être en position de supposé-savoir, doit assurément refuser le savoir mais aussi et surtout se le refuser à lui-même." 

(Jean Laplanche in Nouveaux fondements de la psychanalyse.)

Le travail de l'analyste, qui confie son esprit à l'attention flottante, c'est à dire l'esprit libre - le plus possible - de la raison-raisonnante, réclame une perception fine des mouvements profonds que suscitent en lui les dires du patient. Les ressentir, avant de les penser. L'énergie qui circule entre les deux êtres ( pour le néophyte : tout ce que la théorie met sous le vocable "transfert"), n'est pas à sens unique.

Le transfert est une puissante voie de communication, d'échange, de relation, qui connaît des heures de fluidité ou d'engorgement au cours de l'analyse. Freud en son temps l'avait précisé : l'analyse, c'est avant tout l'analyse du transfert. L'analyse de la situation présente, où viennent se concentrer toutes les forces agissant par ailleurs. 

L'I.T.A. se déroule en face à face, en cela elle est psychanalyse appliquée, et non psychanalyse pure. Le face à face renforce la difficulté citée plus haut. Il implique une relation interpersonnelle, inter-subjective, marquée par la personnalité de chaque partie, qui n'est pas sans effet sur la neutralité. La psychanalyse sur le divan, analyste hors du champ de vision, ne place pas les deux parties à la même distance, sur le même niveau, ni symbolique, ni physique.

En face à face, le regard, l'apparence, l'attitude, l'expression du visage et du corps sont des éléments qui comptent autant que les mots eux-mêmes, parce que, à l'écart du conscient, ils échappent plus facilement à la vigilance des défenses. Le "comportement" du patient ou de la patiente est une donnée importante de l'analyse inter-subjective. Le comportement a aussi son discours, sa langue, ses lapsus et ses actes manqués... 

Tout ceci constitue une différence de taille entre la pratique psychanalytique pure et celle de l'approche qui nous concerne ici. L'analyste a la difficile tâche de trouver la bonne distance, et de prémunir sa pensée de la connaissance théorique, qui peut être une puissante source de résistance. Là encore Freud a fait une mise en garde : la plus grande résistance à la psychanalyse, c'est la psychanalyse. Il en va de même de toutes les méthodes de soin par la parole.

Lorsqu'il aborde la séance, l'analyste doit donc retrouver un état d'ignorance, qui n'est ni l'ignorance du crétin ni celle du néophyte. C'est une ignorance adossée à un savoir, lequel savoir ne doit pas troubler l'ignorance en ce qu'elle comporte d'ouverture. Vous me suivez?

Quelle ignorance? Nous parlons ici de celle de l'élève, ouverte, disponible pour acquérir de la connaissance. Quelle connaissance? La connaissance puisée dans cet inconnu que le patient explore en lui-même. Elle viendra peu à peu combler (du mieux possible) l'ignorance de l'analyste quant à la vérité du patient. Et l'ignorance du patient face à lui-même. Tous deux se retrouvent devant une connaissance nouvelle. Quelque chose de neuf est advenu chez l'un comme chez l'autre : co-naissance.

À partir de ce moment, la connaissance de la métapsychologie, et l'expérience de l'analyste peuvent entrer en jeu. Jusque-là, le praticien s'est efforcé de laisser la théorie dans sa besace, dans laquelle il s'est retenu d'y plonger la main trop tôt, pour ne pas entraver la marche en avant. Car le but d'une analyse n'est pas de coller à une théorie qui la corrobore. Le but, c'est l'équilibre, le goût de vivre. 

Chaque analyse est surprenante, et aucune connaissance théorique ne vient pas à bout des mystères de l'être. Nous cheminons ensemble, sur le fil du sensible, vers une vérité qui ne nous livrera jamais tous ses secrets. Qu'il serait désespérant de tout savoir sur tout.

à suivre, si vous voulez bien me suivre...

 tous droits réservés © Olivier Deck

THÈSES, HYPOTHÈSES?

Le 21/11/2025

VOUS AVEZ DIT HYPOTHÈSE?

18.XI.25

Les conversations analytiques nous amènent souvent à nous aventurer dans le mystère des contrées hantées par la culpabilité. 

Elle est là, tapie dans l'ombre de l'âme, comme une bête toujours prête à sauter sur sa proie. La culpabilité, à l'instar de sa proche cousine l'angoisse, est un sentiment flottant, une force opportuniste qui rôde, toujours prête à investir les situations et les actes de la vie.

Les racines de la culpabilité plongent profondément dans l'histoire de l'être. Elle installe progressivement dans l'âme une tendance vouée à s'accentuer en chemin, au gré des situations propices. Et plus insidieusement encore, elle pousse l'être à agir de façon à créer lesdites situations, et entretenir un cycle d'engendrement négatif.

Lors d'un travail d'I.T.A., nous organisons la lutte contre la culpabilité en suivant une double stratégie : analyser ses manifestations dans la réalité (les situations, les actes, les conséquences des actes), et chercher ses origines par une patiente anamnèse, une récit minutieux de la genèse de la personne, afin d'amener à la conscience les éléments primitifs, démêler l'écheveau des multiples fils qui tissent la trame dans laquelle l'âme se trouve prisonnière. Une fois conscients, ces éléments conflictuels deviennent vulnérables, d'une part parce qu'ils sont accessibles, d'autre part parce qu'ils perdent de la force, car ils craignent la lumière.

Les conséquences de la culpabilité sont considérables. Confiance en soi ébranlée, entraînant une dévalorisation de l'estime de soi, mettant à mal l'équilibre du rapport à l'Autre et à l'existence elle-même : je n'assume pas mes actes, je doute, je reviens sur ma décision, je me donne tort, je déconsidère mon propos, mon idée, j'illégitime mes interventions si elles déclenchent un conflit, même si je suis dans mes droits, je regrette mes décisions même si elles sont justes... La culpabilité affaiblit l'ensemble de la dynamique de l'esprit et, par répercussion, fragilise la capacité à faire des choix, à s'assumer, à "être" en tant que soi-même.

À chaque décision, chaque épreuve relationnelle, un juge inconsciente se lève, regarde le "moi" de haut et s'exclame : "Accusé, levez-vous !" Et l'innocent plaide coupable, ébranlé par des forces qui agissent en lui, contre lui.

Restaurer la confiance en soi, renforcer l'estime de soi sont les deux piliers sur lesquels nous nous appuyons pour lutter contre la culpabilité et récupérer la force qu'elle mobilise, pour la mettre au service de l'énergie de vie.

à suivre... si vous voulez bien me suivre.

☆☆☆

L'I.T.A. est fondée sur la métapsychologie freudienne. Elle est une méthode de psychanalyse appliquée, pensée pour le monde et l'individu actuels.

INFOS, RDV : n'hésitez pas à prendre contact 

#psychanalyse #psy #thérapie #interthérapieanalytique #freud #freudienne #intersubjectivité #soinparlaparole #artthérapie #olivierdeck

COUPABLE? NON COUPABLE?

Le 18/11/2025

14.XI.25

Les conversations analytiques nous amènent souvent à nous aventurer dans le mystère des contrées hantées par la culpabilité. 

Elle est là, tapie dans l'ombre de l'âme, comme une bête toujours prête à sauter sur sa proie. La culpabilité, à l'instar de sa proche cousine l'angoisse, est un sentiment flottant, une force opportuniste qui rôde, toujours prête à investir les situations et les actes de la vie.

Les racines de la culpabilité plongent profondément dans l'histoire de l'être. Elle installe progressivement dans l'âme une tendance vouée à s'accentuer en chemin, au gré des situations propices. Et plus insidieusement encore, elle pousse l'être à agir de façon à créer lesdites situations, et entretenir un cycle d'engendrement négatif.

Lors d'un travail d'I.T.A., nous organisons la lutte contre la culpabilité en suivant une double stratégie : analyser ses manifestations dans la réalité (les situations, les actes, les conséquences des actes), et chercher ses origines par une patiente anamnèse, une récit minutieux de la genèse de la personne, afin d'amener à la conscience les éléments primitifs, démêler l'écheveau des multiples fils qui tissent la trame dans laquelle l'âme se trouve prisonnière. Une fois conscients, ces éléments conflictuels deviennent vulnérables, d'une part parce qu'ils sont accessibles, d'autre part parce qu'ils perdent de la force, car ils craignent la lumière.

Les conséquences de la culpabilité sont considérables. Confiance en soi ébranlée, entraînant une dévalorisation de l'estime de soi, mettant à mal l'équilibre du rapport à l'Autre et à l'existence elle-même : je n'assume pas mes actes, je doute, je reviens sur ma décision, je me donne tort, je déconsidère mon propos, mon idée, j'illégitime mes interventions si elles déclenchent un conflit, même si je suis dans mes droits, je regrette mes décisions même si elles sont justes... La culpabilité affaiblit l'ensemble de la dynamique de l'esprit et, par répercussion, fragilise la capacité à faire des choix, à s'assumer, à "être" en tant que soi-même.

À chaque décision, chaque épreuve relationnelle, un juge inconsciente se lève, regarde le "moi" de haut et s'exclame : "Accusé, levez-vous !" Et l'innocent plaide coupable, ébranlé par des forces qui agissent en lui, contre lui.

Restaurer la confiance en soi, renforcer l'estime de soi sont les deux piliers sur lesquels nous nous appuyons pour lutter contre la culpabilité et récupérer la force qu'elle mobilise, pour la mettre au service de l'énergie de vie.

à suivre... si vous voulez bien me suivre.

☆☆☆

L'I.T.A. est fondée sur la métapsychologie freudienne. Elle est une méthode de psychanalyse appliquée, pensée pour le monde et l'individu actuels.

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SITE : https://www.itanet.fr

#psychanalyse #psy #thérapie #interthérapieanalytique #freud #freudienne #intersubjectivité #soinparlaparole #artthérapie #olivierdeck

VISIO, AUDIO & I.T.A.

Le 18/08/2025

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THÉRAPIE À DISTANCE POUR LES VOYAGEURS ET LES FRANÇAIS EXPATRIÉS